La Chine est un pays où les guerres ne se sont arrêtées que pour laisser la place aux rébellions. Il est donc logique que les armes les plus diverses soient apparues dans ce pays, et ce bien avant l'invention du wushu. On peut distinguer deux grandes catégories d'armes : les armes qui ont été conçues comme moyen de tuer (épée, pieu ou lance, etc.) et les armes qui sont un détournement d'un usage de travail (outils agricoles, outils de chasse, outils d'artisans, etc.). On distingue aussi les armes courtes adaptées au combat rapproché ou combat de mêlée (épée, sabre, poignard, etc.), les armes longues adaptées au combat à distance (fantassin contre cavalier par exemple : lance, hallebarde, etc.) et les armes de jet.
Certaines écoles de wushu utilisent une nomenclature dans laquelle serait recensée dix-huit armes classiques, d'autres affirment qu'il y auraient 108 armes traditionnelles. Des chiffres qui ne se référent qu'à leur dimension symbolique mais pris au sérieux par des pratiquants peu au fait des constructions imagées de la « pensée chinoise ».
Mao : lance, avec ou sans crocs ;
Chui : masse d'armes qu'il était possible de lancer ;
Gong : arc ;
Nu : arbalète (très ancienne en Chine) ;
Chong : vouge ou fauchard (lance équipée d'une longue lame) ;
Bian : épée à lame très souple et ondulée, utilisable comme un fouet d'acier. Éventuellement équipée de sections ;
Jian : deux types d'épées à double tranchant et à deux mains. Soit la section en était carrée, soit elle était plus large au niveau de la pointe que vers la garde ;
Lian : chaîne lestée ;
Yue : guisarme. Hache garnie d'une pointe ;
Ge : lance courte ;
Ji : hallebarde ;
Pai : bouclier ;
Bang : bâton d'arme, ferré ;
Qiang : fourche de guerre ;
Pa : râteau équipé de lames acérées ;
Remarque linguistique : il existe beaucoup de noms différents pour une même arme, en raison de la richesse linguistique de la Chine.
Il existe bien sûr toute une foule d'armes plus ou moins exotiques, plus ou moins improvisées par un peuple cherchant à se défendre avec les outils ou objets du quotidien. En voici une liste non exhaustive :
la lance ;
la hallebarde (lance permettant de piquer et de trancher) ;
la masse ;
le sabre chaîné (sabre manié par une chaîne fixée à sa poignée) ;
les sabres jumeaux (deux dans le même fourreau) ;
les couteaux papillons (deux courts sabres, utilisés pour le Wing Chun, à ne pas confondre avec les couteaux papillons philippins) ;
le bourdon (gros bâton lesté, très apprécié par les moines d'autrefois) ;
le tabouret ou le banc ;
l'épée des taoïstes dont la pointe seule était aiguisée afin de fatiguer l'adversaire par perte de sang, sans avoir à le tuer ;
la chaîne (à maillons, à section, lestée ou non) ;
l'éventail (généralement en fer ou en bambou) ;
le bâton à trois manches ou tribaton ;
les crochets du tigre ;
les aiguilles de lancé ;
les armes de jet très variés.
L'apprentissage et le choix des armes dépendaient du style enseigné et de l'école (crochet du Tang lang quan, bâton du Shaolin quan, demi-lunes du Bagua quan, etc.) mais aussi du statut social du pratiquant : épée pour l'aristocratie, sabre pour le juge et le militaire, lance pour le fantassin, bâton pour le moine. Certaines armes étaient spécifiques à une corporation : marteau long du forgeron, rame du batelier.
Certains styles ont des armes spécifiques qui sont leurs spécialités : crochets courts du tang lang quan, éventail du taiji quan, demi-lunes du Bagua quan, couteaux papillons du Wing chun, bâton du Shaolin quan, épée du Chang quan, etc.
Quels que soient les styles enseignés, certaines armes sont communes à tous et considérées comme bases permettant de maîtriser l'ensemble des armes :
le bâton long ;
l'épée ;
le sabre.
Les techniques d'armes (bâton, épée, sabre, hallebarde, etc.) sont communes avec leurs spécificités aux boxes externes comme internes.